
Faire le Camino avec un diabète (type 1 ou type 2) est tout à fait possible, mais cela ne s’improvise pas. Le véritable défi n’est pas « marcher », mais maintenir une glycémie stable alors que changent : les horaires, l’intensité, le repos, l’hydratation, l’alimentation et même la température.
Dans ce guide, nous allons vous proposer un plan réaliste et concret pour pouvoir effectuer votre pèlerinage en toute sécurité : ce qu’il faut vérifier avant de partir, comment organiser votre routine quotidienne, quoi emporter dans votre sac à dos, comment réagir face aux hypoglycémies et hyperglycémies, et comment choisir votre itinéraire en fonction des infrastructures.
- Remarque importante : ceci ne remplace pas votre endocrinologue. L’objectif est que vous arriviez à votre consultation avec une liste claire de décisions et de situations afin d’ajuster votre traitement de manière éclairée.
Índice de contenidos
- 1 Avant de commencer : préparez votre « plan Camino » avec votre équipe médicale
- 2 Routine quotidienne sur le Camino : la « méthode des 5 moments »
- 3 Objectifs glycémiques pour marcher et décisions rapides (sans deviner)
- 4 Comment éviter les hypoglycémies pendant l’étape : glucides par heure et stratégie concrète
- 5 Hyperglycémie et cétones : quand s’arrêter, corriger et demander de l’aide
- 6 Pieds, ampoules et neuropathie : ici se gagne (ou se perd) le Camino
- 7 Alimentation sur le Camino : petits-déjeuners, barres et menus simples
- 8 Quelle route choisir avec le diabète : intensité, accès et “vie facile”
- 9 Technologie (CGM/pompe) sur le Camino : comment en tirer profit
- 10 Signaux d’alarme : quand arrêter l’étape (sans orgueil)
- 11 Mini-FAQ (réponses rapides aux questions courantes)
Avant de commencer : préparez votre « plan Camino » avec votre équipe médicale

Ce que vous devez impérativement vérifier 2 à 4 semaines avant
- Schéma de traitement/insuline pour un effort prolongé : marcher 5 à 7 heures par jour pendant plusieurs jours n’est pas simplement « faire du sport », c’est un effort d’endurance. Chez les personnes atteintes de DT1, la stratégie combine généralement une réduction de l’insuline et/ou un apport en glucides pendant l’effort, car l’exercice aérobie tend à faire baisser la glycémie.
- Examen des pieds et risque de neuropathie : si vous présentez une perte de sensibilité, des déformations, une mauvaise circulation ou des antécédents d’ulcères, le Camino peut multiplier les risques. Faites le point sur votre situation et demandez des recommandations de prévention ainsi que les signes d’alerte.
- Objectifs de contrôle et seuils de sécurité : convenez de la conduite à tenir en cas de valeurs élevées persistantes, du moment où mesurer les cétones et du moment où interrompre une étape.
- Ordonnance et plan d’urgence : assurez-vous d’emporter du glucagon (injectable ou nasal) et que votre accompagnant sache l’utiliser. La formulation nasale (par ex. Baqsimi) est un médicament soumis à prescription dans l’UE.
- Compte rendu médical et documents : même en Espagne, c’est utile : allergies, type de diabète, traitement, capteurs/pompe, protocole d’urgence et numéro de contact médical.
Checklist du matériel (principe du « double »)
La recommandation habituelle en voyage est de prévoir le double du matériel estimé (bandelettes, capteurs, rechanges, insuline, aiguilles, etc.) et de le répartir si vous êtes accompagné afin de réduire le risque de perte ou de vol.
- 2 lecteurs de glycémie (dont un de secours) ou un lecteur + CGM, avec piles/chargeurs.
- Insuline et/ou médicaments (en double), aiguilles/canules, adhésifs supplémentaires, pansements pour capteur, alcool, collecteur d’aiguilles.
- Bandelettes de cétones (urine ou sang), notamment si vous avez un DT1 ou utilisez une pompe.
- Glucose à action rapide (comprimés, gel, sachets) et glucides à action lente (barres, biscuits, fruits secs + une source de glucides).
- Trousse pour les pieds : pansements anti-ampoules, sparadrap/bande kinésiologique, aiguille stérile (si vous savez l’utiliser), crème hydratante, désinfectant.
- Identification médicale (bracelet/médaille) et carte « Je suis diabétique ».
Conservation de l’insuline et du glucagon : ce qui fonctionne sur le Camino
L’une des questions les plus fréquentes est « comment conserver l’insuline en route ? ». Pour des voyages de moins de 4 semaines, les données rappellent que de nombreuses insulines peuvent être conservées à température ambiante contrôlée (env. 2–30 °C) jusqu’à 4 semaines, en évitant les extrêmes. Le glucagon injectable tolère généralement des plages modérées et le glucagon nasal doit être maintenu en dessous d’environ 30 °C, selon les notices et recommandations de voyage.
En pratique : utilisez une pochette isotherme, évitez l’exposition directe au soleil et ne le laissez jamais « cuire » dans une voiture ou derrière une fenêtre en plein soleil.
Routine quotidienne sur le Camino : la « méthode des 5 moments »
Le Camino récompense la régularité. Si vous répétez chaque jour le même schéma de mesure, d’alimentation et de réaction, votre équilibre s’améliore. Nous vous proposons une routine simple en 5 moments :
- Avant le petit-déjeuner (et avant le traitement) : glycémie, hydratation (300–500 ml d’eau) et vérification rapide des pieds.
- Avant de commencer à marcher : glycémie et décision : « Est-ce que je pars maintenant, est-ce que je mange quelque chose ou est-ce que j’ajuste ? »
- Pendant l’étape : toutes les 60–90 minutes (ou selon le CGM) : glycémie/tendance + petite prise planifiée.
- À l’arrivée : glycémie, réhydratation, étirements doux, soins des pieds et repas de récupération.
- Avant de dormir : glycémie, ajustement préventif si l’activité a été intense (les baisses peuvent survenir plusieurs heures plus tard).
Plusieurs services de santé rappellent que l’exercice peut influencer la glycémie pendant de nombreuses heures, et qu’il est conseillé de surveiller et prévenir les hypoglycémies tardives.
Objectifs glycémiques pour marcher et décisions rapides (sans deviner)
Pour des étapes longues, il est généralement plus sûr de ne pas partir « limite ». Une revue des stratégies en DT1 recommande de commencer l’exercice avec une glycémie stable approximativement entre 7 et 14 mmol/L (≈126–252 mg/dL), sans cétones significatives, et de prendre des glucides supplémentaires si vous êtes en dessous de certains seuils.
Tableau pratique « je pars / j’attends / je corrige »
| Lecture (avant de marcher) | Conduite à tenir (indicative) |
| < 70 mg/dL (< 3.9 mmol/L) | Traitez l’hypoglycémie (15–20 g de glucides rapides), attendez et réévaluez. Ne commencez pas l’étape ainsi. |
| 70–100 mg/dL (3.9–5.6 mmol/L) | Prenez 10–20 g de glucides et réévaluez avant de partir (notamment en DT1). |
| 100–180 mg/dL (5.6–10 mmol/L) | Zone de départ habituelle. Partez, mais planifiez les prises et les contrôles. |
| > 250 mg/dL (> 13.9 mmol/L) | Vérifiez les cétones (si DT1/pompe) et corrigez selon votre schéma. En cas de cétones ou de symptômes, reportez/consultez. |
Pour le traitement des hypoglycémies légères/modérées, beaucoup utilisent l’approche des 15–20 g de glucides à absorption rapide suivie d’un nouveau contrôle.
Comment éviter les hypoglycémies pendant l’étape : glucides par heure et stratégie concrète

Sur le Camino, l’erreur la plus fréquente n’est pas « ne pas avoir de sucre » : c’est ne pas disposer d’une stratégie reproductible.
Règle de base (surtout en DT1) : des glucides pendant l’effort
Lors d’un effort prolongé, une fourchette courante pour prévenir l’hypoglycémie est de 30–60 g de glucides par heure lorsque les niveaux d’insuline circulante sont faibles ; avec une insuline élevée, davantage peut être nécessaire (jusqu’à ~75 g/h) si les doses ne sont pas ajustées. Il ne s’agit pas de manger sans contrôle : il s’agit de planifier, puis de personnaliser avec votre équipe médicale.
Si votre étape va durer 4–6 heures, pensez en “blocs” de 30–45 minutes. Par exemple :
- Toutes les 45–60 min : 15–20 g (1 petit gel, 3–4 comprimés de glucose, 200 ml de jus, etc.).
- Si l’étape est très pentue ou qu’il fait froid/il pleut : prévoyez un petit supplément et contrôlez plus souvent.
- Si votre glycémie baisse avec une tendance stable et que vous avez réduit l’insuline : vous pouvez peut-être espacer les prises.
Protocole “hypo en route” (sans panique)
- Arrêtez-vous et asseyez-vous (évitez les chutes).
- 15–20 g de glucides rapides (comprimés, gel, boisson non light, jus).
- Contrôlez dans 10–15 min. Si la glycémie reste basse, répétez.
- Lorsque vous remontez : glucide lent si l’étape n’est pas terminée ou si le prochain repas est loin (biscuit/banane/barre).
Hypoglycémie sévère : ce que votre accompagnant doit savoir
Si confusion marquée, perte de conscience ou impossibilité d’avaler, ne forcez pas l’alimentation. Utilisez le glucagon selon prescription et appelez le 112. La version nasale (ex. Baqsimi) est autorisée en Europe et conçue pour une administration simple.
Hyperglycémie et cétones : quand s’arrêter, corriger et demander de l’aide
Sur le Camino, l’hyperglycémie survient souvent à cause de : déshydratation, infection débutante (ampoule infectée), repas “trop copieux” sans ajustement ou défaillance de cathéter/pompe. Le danger en T1D n’est pas un chiffre isolé, mais hyperglycémie + cétones + malaise.
- Signes pour freiner : nausées, vomissements, douleurs abdominales, respiration rapide, somnolence ou acétone dans l’haleine.
- Si vous utilisez une pompe : face à une glycémie élevée persistante, vérifiez d’abord un éventuel défaut d’infusion et utilisez le plan de secours (stylo) si nécessaire.
- Hydratation : chaleur et effort augmentent le risque de décompensation si vous ne buvez pas régulièrement.
La planification du voyage et le contrôle fréquent sont soulignés dans les guides pour diabétiques : changements de routine et de climat modifient les besoins et imposent une surveillance accrue.
Pieds, ampoules et neuropathie : ici se gagne (ou se perd) le Camino

S’il y a une règle d’or pour diabète + Camino, c’est : soignez vos pieds comme votre assurance voyage. De nombreuses recommandations insistent sur une inspection quotidienne, lavage à l’eau tiède, séchage soigneux (surtout entre les orteils), hydratation sans appliquer de crème entre les orteils et intervention dès la moindre blessure.
Routine quotidienne des pieds (5 minutes)
- Inspection visuelle complète matin et soir : talon, côtés, orteils, ongles. Si difficile, utilisez un miroir (idéalement incassable).
- Recherchez : rougeur, ampoule, coupure, zone chaude, gonflement, plaie suintante ou douleur “inhabituelle”.
- Séchage minutieux (entre les orteils).
- Hydratation sur la plante et le dessus du pied, en évitant les espaces entre les orteils.
Prévention des ampoules (pratique du pèlerin)
- Chaussettes techniques (sans coutures agressives, bonne évacuation de la transpiration). Emportez 2 paires si vous transpirez beaucoup.
- Détectez le “point chaud” tôt : arrêtez-vous et protégez avant qu’une ampoule n’apparaisse (pansement spécifique ou ruban).
- Chaussure déjà rodée : le Camino n’est pas le moment de chaussures neuves.
- Ne marchez pas pieds nus, même à l’auberge si risque neuropathique.
Si antécédent d’ulcère, amputation, neuropathie avancée ou mauvaise circulation, envisagez des étapes plus courtes avec plus d’infrastructures et consultez un podologue avant de partir.
Alimentation sur le Camino : petits-déjeuners, barres et menus simples

L’objectif n’est pas de manger “parfait”, mais prévisible. Pour la plupart des pèlerins diabétiques, le meilleur allié est le petit-déjeuner : si vous commencez stable et avec un plan, le reste de la journée devient plus facile.
Petit-déjeuner recommandé (stabilité + énergie)
- Base de glucides à absorption plus lente : pain complet/avoine/yaourt nature avec fruit.
- Protéine : œuf, yaourt riche en protéines, fromage frais, dinde.
- Graisse saine : huile d’olive, fruits secs (petite quantité).
- Supplément pour longue étape : 1 fruit supplémentaire ou un petit sandwich.
Snacks intelligents pour l’étape (pas seulement “sucre”)
- Rapides (hypo) : gel, comprimés de glucose, petit jus.
- Mixtes (maintien) : barre avoine + un peu de protéine, banane + poignée de fruits secs, petit sandwich.
Si vous voulez un guide complémentaire plus général sur prévention et auto-soin (frottements, hydratation, repos), nous vous proposons ce et d’autres conseils santé sur le Camino de Santiago. Chez Mundiplus/fr/ nous aidons à renforcer les habitudes qui influencent aussi le contrôle glycémique.
Quelle route choisir avec le diabète : intensité, accès et “vie facile”

Le diabète ne vous oblige pas à choisir un itinéraire “facile”, mais il est conseillé de privilégier : infrastructures fréquentes (bars/magasins), accès aux pharmacies, options d’hébergement et étapes modulables. Ce n’est pas pareil de marcher isolé ou avec des arrêts fréquents.
Chemin Français : le plus “pratique” côté infrastructures
Si vous recherchez la tranquillité logistique maximale (plus de villages, plus de services, plus d’options pour raccourcir ou rallonger), le Chemin Français est souvent le plus flexible.
- Par exemple, le tronçon Chemin Français de Logroño à Burgos permet de planifier des étapes avec une bonne marge et de trouver facilement petits-déjeuners/déjeuners et ajuster les pauses.
- De même, le Chemin Français depuis Burgos offre de nombreuses combinaisons pour adapter la distance quotidienne à votre réponse glycémique, très utile les premiers jours jusqu’à ce que le corps “s’ajuste”.
Chemin du Nord : magnifique mais plus exigeant physiquement
Le Nord est spectaculaire, mais plus cassant pour les jambes avec des journées plus exigeantes. Si vous le choisissez, adoptez une approche prudente : étapes un peu plus courtes, contrôles plus fréquents et planification des snacks. Exemple : le Chemin du Nord depuis Gijón, adapté si vous organisez pauses et ne forcez pas les rythmes constants en montée.
Règle pratique pour choisir la route (et bien faire)
- Si vous avez T1D avec hypoglycémies fréquentes ou testez un nouveau pompe/CGM : privilégiez routes avec plus de services et étapes modulables.
- Si vous avez neuropathie ou antécédents de blessures : évitez de cumuler longues étapes sans plan B.
- Si vous marchez seul(e) : privilégiez environnements avec plus de pèlerins et plus d’options d’aide en route.
Et si vous cherchez un Camino organisé pour réduire l’incertitude, chez Mundiplus/fr/ nous pouvons vous aider ponctuellement sur la logistique (hébergements pour bien se reposer, coordination des petits-déjeuners/horaires prévisibles selon votre traitement), pour que vous vous concentriez sur marcher et contrôler votre glycémie sans stress.
Technologie (CGM/pompe) sur le Camino : comment en tirer profit
- Alarmes bien configurées : baissez légèrement le seuil de l’alerte de chute si vos hypoglycémies sont “rapides”.
- Protégez les adhésifs : transpiration + pluie + frottement. Prenez des patchs et du ruban hypoallergénique.
- Confirmez par capillaire si le capteur donne des valeurs incohérentes (déshydratation et compression nocturne peuvent fausser).
- Plan B toujours : même avec pompe, emportez stylo et traitement alternatif en cas de panne. Recommandé dans guides voyage diabète.
Signaux d’alarme : quand arrêter l’étape (sans orgueil)
- Hypoglycémies répétées le même matin malgré repas et ajustements : réduisez rythme, allongez pauses, raccourcissez étape et vérifiez traitement.
- Hyperglycémie persistante + malaise, vomissements ou suspicion de cétones : priorisez soins médicaux.
- Plaie au pied avec chaleur, rougeur croissante ou suintement : ne “tirez pas dessus”; soignez, désinfectez, déchargez pression et consultez.
La prévention des pieds passe par la détection précoce : inspection quotidienne et aide si rougeur, chaleur ou gonflement.
Mini-FAQ (réponses rapides aux questions courantes)
Combien de fois dois-je mesurer ma glycémie par jour ?
Sur le Camino, plus que “X fois”, il faut mesurer par moments clés : avant de partir, pendant (toutes les 60–90 min si pas de CGM), à l’arrivée et avant de dormir. Les guides recommandent fréquence accrue car routine et climat changent.
Que dois-je avoir “à portée de main” pour hypoglycémie ?
Quelque chose ne nécessitant pas beaucoup de mastication et mesurable : comprimés de glucose, gel ou petit jus. La dose standard 15–20 g est très utilisée.
La marche peut-elle faire baisser la glycémie même plusieurs heures après ?
Oui. L’exercice prolongé augmente la sensibilité à l’insuline et favorise hypoglycémies tardives. D’où l’importance du contrôle avant le coucher et ajustement préventif.
Comment conserver l’insuline par forte chaleur ?
Évitez le soleil direct, utilisez sac isotherme et ne laissez pas dans voiture ou pièce surchauffée. Pour courts voyages, beaucoup d’insulines tolèrent température ambiante contrôlée, mais chaleur extrême = ennemi.
Avec le diabète, le Camino ne se fait pas “malgré” la maladie : il se fait avec stratégie. Si vous partez avec plan médical, kit bien pensé, routine quotidienne stable et humilité pour raccourcir l’étape si nécessaire, l’expérience peut être non seulement sûre mais profondément agréable. La clé est simple : moins d’improvisation, plus de méthode.





